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La cofondation de Microsoft revient à deux noms : Bill Gates et Paul Allen

24 novembre 2025

cofondateurs microsoft bill gates paul allen

À la question, qui a cofondé Microsoft, deux noms s’imposent, Bill Gates et Paul Allen. Une amitié et un goût obstiné du code, une page fondatrice dans l’histoire de Microsoft visible à chaque démarrage.

Leur parcours glisse du bricolage à l’ambition, jusqu’au code écrit pour des machines encore introuvables. Ce duo, les cofondateurs de Seattle, transforme des prototypes en produits et des idées en revenus. Ils posent une vision de l’informatique personnelle concrète, née de clients réels et de délais serrés, puis gravée par une date, le 4 avril 1975. Ça tranche.

Sommaire

Deux prénoms derrière Microsoft : une amitié de Seattle qui a enflammé l’idée d’un PC partout

À Seattle, deux adolescents passionnés d’informatique, Bill Gates et Paul Allen, se rencontrent à la Lakeside School en 1968. L’accès précoce au temps-machine et la culture de Lakeside qui encourage l’expérimentation façonnent leur complicité et posent l’une des pierres de l’origine de Microsoft dans leurs têtes, bien avant l’officialisation du projet. Nuits prolongées, défis de code, carnet d’idées, le terrain se prépare.

Très tôt, ils formulent un credo simple : rendre le micro‑ordinateur utile et accessible. Cette vision, portée par une amitié entrepreneuriale qui se nourrit de lectures techniques et de prototypes bricolés, deviendra le fil conducteur de leurs choix. De l’école au garage, leur tandem imagine un PC sur chaque bureau, à la maison comme au travail.

Comment Bill Gates et Paul Allen se sont-ils reconnus à Lakeside comme complices de génie ?

À la Lakeside School de Seattle, leur rencontre remonte à la fin des années 1960. Ils se découvrent des talents complémentaires, Gates affectionnant la précision du code tandis qu’Allen repère les usages possibles et les opportunités. Leur entente se cristallise dans les clubs et couloirs, où naissent des discussions sans fin et des défis partagés. Vous assistez aux débuts d’un tandem qui s’auto-propulse.

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Les nuits s’allongent : Gates marche jusqu’au terminal pour profiter des temps machine, et Allen l’accompagne dans l’exploration. Le duo enchaîne leurs premières programmations sur des systèmes distants, porté par une curiosité partagée qui les pousse à tester, corriger, et recommencer, jusqu’à trouver l’élégance et la vitesse qu’ils recherchent.

L’étincelle dans la salle informatique : curiosité, nuits blanches et premières lignes de code

L’association de parents finance un accès au calcul partagé, où un teletype relie Lakeside à un système commercial. Ils prennent alors leurs marques sur un terminal GE, apprenant à gérer le temps d’exécution et à économiser des ressources, accumulant des heures de code tardives avant de collaborer avec Computer Center Corporation pour chasser les bugs.

Un duo complémentaire dès l’adolescence : méthode, intuition et soif d’apprendre

Très vite, ils se répartissent les tâches : Allen imagine les architectures et propose, Gates code, teste et affine. Ce cadre de travail forge des apprentissages précoces où la méthode rencontre l’intuition, avec des révisions quotidiennes, des notes serrées, et des objectifs mesurables qui leur servent d’appui pour viser plus grand.

1968 à Lakeside : de l’accès au temps partagé à CCC, la trajectoire Gates–Allen préfigure Altair BASIC écrit en huit semaines.

Du bricolage à l’ambition : Traf-O-Data, le laboratoire secret des futurs cofondateurs

Au début des années 1970, à Seattle, Bill Gates et Paul Allen montent Traf‑O‑Data avec Paul Gilbert pour automatiser l’analyse des bandes issues des routes de l’État de Washington. À travers les montages, les tests et les erreurs, leur sens pratique se muscle, reliant code et circuits sans attendre des matériels standardisés. Ce laboratoire improvisé façonne les futurs cofondateurs de Microsoft.

Ils conçoivent une petite machine dédiée et rédigent des programmes pour convertir des impulsions en tableaux exploitables. Le cœur des premières cartes repose sur un prototype Intel 8008, assemblé avec des composants trouvés chez les revendeurs locaux. Entre 1970 et 1973, des contrats avec des comtés rapportent près de 20 000 $, des premières ventes qui prouvent la valeur, jusqu’au jour où l’État propose ce service gratuitement.

Construire avant d’exister : écrire des logiciels pour un matériel encore introuvable

Pour Traf‑O‑Data, coder vient avant l’accès au matériel définitif. Paul Allen réalise un émulateur PDP-10 pour simuler le 8008, ce qui permet de valider les routines sans carte fonctionnelle. Cette approche impose une stricte logique de système, de l’allocation mémoire aux timings d’interruption, et prépare le terrain pour l’Altair 8800 et, plus tard, Altair BASIC.

Le sens des affaires au lycée : clients, revenus et le goût du réel

Au lycée de Lakeside, l’équipe démarche des services de circulation et livre des rapports prêts à l’emploi sur les flux automobiles. Ils ciblent d’abord le marché local, négocient des prix, respectent des délais, et ajustent les livrables aux attentes des ingénieurs. Les revenus cumulés avoisinent 20 000 $ sur 1970‑1973 : une validation terrain qui montre que technique et service peuvent tenir leurs promesses.

Ce que Traf-O-Data a inculqué : discipline, audace et vision technique

Au-delà du récit, Traf‑O‑Data forge des réflexes durables pour Gates et Allen. Cette expérience fondatrice s’observe dans des pratiques concrètes, résumées ci‑dessous :

  • Prioriser l’intégration logiciel‑matériel sous contrainte de budget et de temps
  • Documenter les interfaces et tester systématiquement sur simulateur
  • Convertir une idée en produit facturé, avec devis et livraisons datées
  • Apprendre à pivoter quand un acteur public change les règles

Le magazine qui a tout déclenché : sans Popular Electronics, Microsoft aurait-elle vu le jour ?

En janvier 1975, Paul Allen feuillette à Harvard Square le numéro de Popular Electronics qui présente un kit de MITS. Le kit Altair 8800 de MITS à 397 $, conçu à Albuquerque par Ed Roberts, promet de rendre l’ordinateur personnel accessible. Ce numéro déclenche l’idée qu’un logiciel pourrait transformer cette machine en plateforme utile.

Quelques heures plus tard, il prévient Bill Gates et tous deux y voient le point de bascule. La couverture agit comme une opportunité décisive pour lancer du logiciel grand public, au tout début de l’âge des micro-ordinateurs naissant, et les mène à contacter MITS pour proposer un BASIC sur mesure. Vous y voyez la naissance d’un projet.

Un ordinateur sur chaque bureau et dans chaque foyer.

Bill Gates

Altair BASIC : huit semaines de vertige pour écrire le premier chapitre de Microsoft

Entre janvier et mars 1975, Bill Gates et Paul Allen programment nuit et jour sur un PDP-10 sans posséder l’Altair. Ils écrivent un interpréteur BASIC compact pour le processeur 8080, avec Monte Davidoff pour l’arithmétique en virgule flottante. Huit semaines suffisent à produire un code capable d’accueillir les premiers utilisateurs, malgré l’émulation artisanale. Vous mesurez la pression de l’échéance.

Au printemps, Allen s’envole pour rencontrer Ed Roberts chez MITS, avec un chargeur écrit pendant le vol. La démonstration à Albuquerque se fait via une bande perforée chargée sur l’Altair, le programme se lance et répond aux instructions, ouvrant la voie au contrat de distribution.

Pourquoi le 4 avril 1975 scelle-t-il une aventure et un nom, Micro-Soft ?

Le 4 avril 1975, à Albuquerque, Bill Gates et Paul Allen enregistrent leur société sous l’appellation « Micro-Soft ». Ce baptême, imaginé par Allen, fixe une identité de marque orientée micro‑ordinateur et logiciel. L’acte de création d’entreprise suit la démonstration d’Altair BASIC chez MITS au début de l’année.

Au-delà du nom, ils cadrent l’organisation. La répartition des parts établit 64 % pour Gates et 36 % pour Allen, reflet de responsabilités distinctes. Pour vous repérer, voici trois jalons qui posent le décor :

  • 4 avril 1975 : fondation à Albuquerque, Nouveau‑Mexique.
  • « Micro-Soft » : nom initial, le tiret disparaît en 1976.
  • Partenariat : 64 % Bill Gates, 36 % Paul Allen.

De l’atelier d’Albuquerque aux horizons de Seattle : le pari du déménagement qui change l’échelle

Partie d’Albuquerque, l’équipe atteint vite ses limites pour grandir. Le 1er janvier 1979, Microsoft déménage à Bellevue, près de Seattle, pour accélérer le recrutement technique et s’ancrer dans un écosystème de Seattle riche : universités, talents, partenaires. Ce choix rapproche Gates et Allen de leur ville d’origine et élargit les collaborations.

Les chiffres racontent la transition : 16 005 $ de revenus en 1976, puis une traction bien supérieure après l’installation dans la région de Seattle. Cette croissance initiale est portée par BASIC pour divers micro‑ordinateurs et par l’approche d’IBM en 1980, prélude à MS‑DOS. Le pari du déménagement change l’échelle, durablement.

IBM frappe à la porte : comment MS-DOS a propulsé Microsoft au centre du jeu ?

En 1980, IBM sollicite Microsoft pour équiper son futur PC. Après des échanges infructueux avec Digital Research pour CP/M, Gates promet un système rapidement livrable. Microsoft identifie chez Seattle Computer Products un noyau proche, rachète le 86-DOS, puis l’adapte en MS‑DOS 1.0. L’accord est scellé en novembre 1980 et prépare le lancement de 1981.

L’atout majeur ne vient pas seulement du code, mais du contrat. Une clause de licence non exclusive autorise Microsoft à proposer MS‑DOS à d’autres fabricants, ce qui fait naître une famille de compatibles. En quelques années, cette convergence matériel‑logiciel impose un standard du PC et attire les éditeurs, les intégrateurs et les assembleurs.

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Un deal décisif : fournir sans posséder, acheter puis adapter

Microsoft s’engage à livrer un système d’exploitation sans en posséder encore. Pendant la négociation avec IBM, l’équipe repère QDOS, l’obtient auprès de Seattle Computer Products, et convertit rapidement le code en MS‑DOS. Le contrat prévoit adaptation, maintenance et compatibilité avec l’IBM PC 5150. Ce rapprochement stratégique donne à Microsoft un rôle central tout en conservant ses droits de distribution.

La clause qui change tout : vendre au-delà d’IBM et ouvrir le marché

Le modèle retenu évite l’exclusivité et laisse à Microsoft la capacité de concéder des licences. Par cette voie, le système est diffusé auprès d’un large éventail d’OEM partenaires — Compaq, Zenith et bien d’autres —, ce qui multiplie les machines compatibles, stabilise l’API et renforce la présence des applications tierces.

La standardisation en marche : du PC aux écosystèmes logiciels

Avec MS‑DOS comme dénominateur commun, la cible des développeurs s’élargit et les coûts d’adaptation baissent. Bientôt, Windows s’empile sur cette base, les interfaces se normalisent, et la domination logicielle s’installe sur le poste de travail, portée par l’effet réseau entre fabricants, éditeurs et distributeurs.

Août 1981 : l’IBM PC 5150 sort avec MS‑DOS 1.0 ; l’alliance « Wintel » dépassera 90 % des parts de marché des PC dans les années 1990.

Tensions, maladie, et séparation : quand le destin de Paul Allen s’écrit autrement

En 1982, Paul Allen apprend qu’il est atteint d’un cancer et commence une chimiothérapie. Le diagnostic de lymphome de Hodgkin frappe au moment où la pression chez Microsoft s’intensifie. En décembre 1982, il surprend une conversation entre Bill Gates et Steve Ballmer autour de sa participation, ce qui fragilise la confiance et ouvre une période de doutes dans l’équipe fondatrice.

Le 18 février 1983, Allen quitte ses fonctions opérationnelles et reste vice‑président au conseil. Au milieu d’une gouvernance interne crispée, la répartition fixée depuis 1977 donnait 64 % à Gates et 36 % à Allen. Son choix de vie se précise ; il refuse 5 $ par action, exige 10 $, conserve près de 25,2 % jusqu’à l’IPO de 1986, où il devient milliardaire à 33 ans et poursuit l’aventure comme cofondateur actionnaire.

La fracture personnelle : parts, confiance et l’épreuve du cancer

Pendant sa chimiothérapie, Allen passe devant le bureau de Gates et surprend Steve Ballmer ; une conversation porte sur sa participation et réveille une inquiétude ancienne. L’idée d’une dilution des actions lui paraît inacceptable, il confronte ses partenaires, reçoit des excuses, mais la confiance reste ébréchée. Puis vient l’offre de rachat à 5 $ par action, qu’il rejette, fixant 10 $ comme seuil acceptable, et la relation se réorganise à distance. Vous pouvez y voir un tournant pour le duo fondateur.

Partir pour mieux durer : rester actionnaire, choisir la vie et d’autres voies

En quittant le quotidien de Microsoft le 18 février 1983, Allen conserve ses titres et son siège au conseil ; il met sa santé et ses projets au premier plan. Sa philanthropie future se structure avec Vulcan Ventures en 1986, l’Allen Institute for Brain Science en 2003, puis des engagements culturels et sportifs à Seattle et Portland. Il reste l’un des plus grands actionnaires lors de l’IPO de 1986, finance la recherche, crée Stratolaunch, et donne un second souffle à sa vie autant qu’à ses passions. Vous mesurez ici la cohérence de son parcours.

Qui a cofondé Microsoft, et que leur héritage dit de l’âge du logiciel ?

Bill Gates et Paul Allen scellent leur association le 4 avril 1975 à Albuquerque, en baptisant Micro‑Soft. Portés par le succès d’Altair BASIC, ils posent les bases d’une entreprise centrée sur le logiciel plutôt que le matériel. Cette aventure, devenue la cofondation de Microsoft, clarifie qui a initié l’ère du PC grand public.

Quelques années plus tard, en négociant la fourniture de MS‑DOS pour les PC d’IBM et sa licence auprès d’autres fabricants, Microsoft crée un modèle reproductible à l’échelle mondiale. Ce choix alimente un héritage technologique qui irrigue Windows, Office et Azure, et se traduit par un impact mondial mesurable dans l’éducation, les entreprises et la maison.

Une collaboration qui continue de respirer dans chaque clic : l’empreinte des deux cofondateurs, discrète mais durable

Le duo formé à la Lakeside School de Seattle a imprimé une méthode : coder vite, viser l’usage réel, et standardiser ce qui fonctionne. Même après le départ de Paul Allen en 1983, l’équipe conserve des réflexes issus de leurs premières années, nourrissant la mémoire des pionniers dans l’interface, la compatibilité et l’ouverture aux développeurs.

De Windows 3.x à Windows 11, en passant par Office et Azure, l’héritage du tandem reste perceptible dans la stabilité des API et la stratégie plateformes. Cette fidélité aux bases du PC entretient une continuité logicielle et diffuse une empreinte culturelle : rigueur, pragmatisme et ambition partagée entre ingénieurs, designers et partenaires technologiques.

Ecrit par Gilles Lefrand

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